23/08/2007 - Du Masaï mara à Gilgil, par Mau Escarpment
Ce matin, il faut déjà quitter le Masaï Mara, alors qu'une semaine entière n'y suffirait pas pour en faire le tour. Malgré tout, nous avons été chanceux, car en plus des "classiques" : Zèbres, gnous, antilopes et gazelles, nous avons eu le bonheur de découvrir une famille de lions au repos, et un guépard (les autres au lodge en étaient verts de jalousie!)
Nous avons décidé de ne pas revenir sur nos pas pour rejoindre Narok, et de passer par un autre "gate" pour sortir du Mara. Le ranger de service a l'air éberlué: il ne doit pas passer garnd monde par ici ! la piste est encore plus défoncée que de l'autre coté! et il y a encore moins de circulation! (tant mieux!)
Des girafes détalent devant nous sur la piste en nous grillant la priorité, d'un galop lent où il nous semble qu'elles vont perdre leur jambes!
Nous avons aussi l'occasion de passer devant des villages Masaï très isolés :des Manyatta : villages de cases, entourés d'une palissade d'épineux, pour les protéger (ainsi que le bétail), des fauves.
Au bout d'un moment....on ne sait plus trop où on est !Notre carte au 1/ 950000 n'est pas très précise et n'est pas d'une très grande aide!
Coup de bol, au moment où ne sait plus du tout où aller, on tombe sur 2 jeunes Masaï en ballade dans le coin, et qui parlent un anglais très académique: William et son pote.
Leurs explications ne sont pas très claires, et après pas mal de palabres entre eux, ils nous proposent de venir avec nous un bout de chemin! ça tombe bien, ils vont voir leurs copains dans un village plus loin, et celui ci est indiqué sur la carte: oufff !
Allez, en voiture les masaï, avec leurs couvertures, leurs longs batons de marche....leurs téléphones portables (!),leurs cartes d'identité et leurs montres digitales aux bracelets...de perles! Ils sont très élégants et très dignes.
Il me semble bien qu'à un moment donné, eux aussi sont perdus...mais on fini par arriver au bon endroit! Nous nous quittons en échangeant nos numéros de téléphones, adresses email, et leur payons leurs trajets de retour en matatu pour rentrer.
Nous arrivons un peu plus tard à Narok et de là, prenons la route du Mau Escarpment: déconseillée par le loueur de voiture... mais chaudement recommandée par nos hôtes de ce soir! on n'a pas pu résister: il parait que les touristes ne passent jamais par là!
Après quelques km de beau goudron....nous revoilà sur une piste creusée d'ornières ....et très fréquentée ! vélos, camionettes, matatus et pietons !plus quelques vaches par ci par là, histoire d'agrémenter le parcours!
Le paysage a changé de façon spectaculaire, en même temps que l'altitude s'élève: tout est verdoyant, bananiers, cultures et il y a beaucoup d'abres, les villages ont l'air un peu prospères
Nous sommes e pleine montagne, à 2700m (!), il y a même des épicéas ! et nous sommes entourés de cultures! Ce coin doit être le grenier à céréales du Kenya ! Champs de blés à perte de vue, gros tracteurs modernes, et toujours les matatus lourdement chargés qui peinent dans la montée !
Changement de paysage...et de température aussi !!!!
On passe un sommet, et on redescend vers d'autres champs et un village, en principe Mau Narok.
Vu qu'il n'y a pas de panneau, on espère qu'il s'agit bien du bon village ! On a retrouvé un semblant de goudron au bout de la piste en terre rouge, mais il n'y a quasiment pas d'autre véhicule que nous!
. Le village est un peu de bric et de broc, tôles ondulées, cabanes en bois, échoppes ouvertes à ciel ouvert en bord de route où s'étale la marchandise...
Incongrue au milieu de ce désordre, une église flambant neuve en dur...juste après les cabanes précaires...
Comme on n'a vu aucune bifurcation, on continue sur le goudron, en espérant aller dans la bonne direction ! ceci sera confirmé peu après par un policier Kenyan qui nous a arrêté pour un contrôle.Très sympa et souriant, et surtout très content d'avoir affaire à des touristes ! et Français! ça alors! il n'en revient pas! Lui aussi nous donne son adresse email....du jamais vu !
Peu après, on bifurque à droite...à nous la descente, sur une piste en terre...mouillée! Les paysages sont toujours splendides,on aperçoit au loin le Lac Nakuru. La voiture glisse un peu où elle veut...et la profondeur des fossés des 2 cotés est...impressionnante !
Heureusement, notre voiture "jouet" est légère: ça facilite les choses quand il faut pousser, mais avec de la gadoue jusqu'au chevilles, c'est pas évident d ne pas se retrouver le cul par terre! ce qui fait beaucoup rire les pietons (leurs chaussures sont propres, comment font ils???), hilares de voir Gilles au volant et moi à pied, pourchassée par cet engin qui me fonce dessus à chaque coup de volant ! Bon, en vitesse lente, ça va mieux ouf! encore un fou rire !!! ah, ils sont doués les aventuriers!
D'ailleurs, en montée ce n'est pas mieux !!! et cela nous donne l'occasion de vivre un épisode de la vie Africaine de tous les jours : descendre, pousser, dégager, reculer, pousser....Epique et coloré, mais dans la bonne humeur! et sous les regards de nombreux spectateurs !

Ils finiront par arriver à passer ! ce sont des pros du sytème D !
Arrivés en bas, le paysage est à nouveau plus desertique, mais la piste va être plus roulante !!
Le petit lac Elementeita surgit au milieu de quelques accacias, et on devine les flamants roses qui barbotent dans ses eaux alcalines.
Peu après nous rejoignons une grande route, avec des panneaux ! beaucoup de véhicules qui roulent à toute allure aussi....et le jour commence à baisser. Heureusement, Gilgil n'est plus très loin!
Mais c'est sans compter sur les explications obscures des militaires du cru qui nous égarent complètement ! en plus la route est en chantier, c'est un souk monstre, il y a des camions dans tous les sens, des ornières gigantesques et des nids de poules ,des cyclistes inconscients au milieu de la poussière, et de la nuit qui descend....on serre les fesses.
La route en chantier s'avère être une future autoroute ! et on hallucine le péage est déjà fait ! Gilles est furieux et jure de ne pas payer un shilling pour un b....l pareil ! ambiance....
ouf,seuls les camions doivent payer...ça nous evitera de passer la nuit au poste pour outrage à fonctionnaire...
20 Kms et 1 h plus tard, dans la nuit la plus totale, nous arrivons enfin au Malewa River Lodge, du moins à l'entrée de la reserve, cloturée et privée, dont il fait partie. Après être passés devant un garde à l'entrée, on continue sur une(belle) piste, sans apercevoir la moindre lumière...enfin, une lueur ! un autre garde, avec une lampe tempête: il nous indique le "parking": où ça? sous les arbres, bon...rien n'indique la présence d'une quelconque habitation dans ces ténèbres, à part l'odeur du feu de bois.
On nous prend nos sacs, on nous éclaire et nous guide dans la cambrousse, jusqu'à....un mirage nocturne !!!
Le lodge était là, ravissante chaumière, sans électricité, ouverte sur l'exterieur, tout n'est que bois, pierre et materiaux naturels. Nous sommes chaleureusement accueillis par le maitre des lieux, Ecossais d'origine (bonjour l'accent)
Direction notre "banda" ou bungalow, un bijou !même (et surtout) à la seule lumière de la lampe à pétrole.
Cet endroit est romantique à souhaits, j'adore! (la douche glaciale, beaucoup moins, l'eau vient de la rivière, brrr!)
Un whisky ecossais plus tard, ça va déjà mieux, et après un solide diner et un "brittish tea" au coin du feu, c'est le bonheur!
Il est temps d'aller se reposer......
!
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